Elle, elle était joyeuse et intrépide, pas vraiment belle mais pas laide non plus, elle souriait toujours et savait redonner le moral d'un seul coup d'oeil. Elle n'était pas plus heureuse que d'autres mais elle savait rire en toutes circonstances, avait le don de répendre le bonheur tout autour d'elle et rares était ceux qui ne l'aimaient pas, sauf par jalousie.
Lui, il était sombre et morne, ni réellement beau ni vraiment laid, il semblait n'avoir jamais appris à sourire et ne parlait à personne. Il n'était pas plus malheureux que d'autres mais ne savait rire de rien, restait dans l'ombre et le silence, n'ayant pour amis que ses pensées dans lequelles il se réfugiait sans que nul ne le sache, car à qui aurait-il pu se confier? Il était seul.
Pourtant un jour leurs regards se sont croisés. Pourtant un jour ils se sont aimés. Ils étaient différents mais c'est ce qui les complétait. Elle lui parlait, riait et était la seule à le faire sourire. C'était juste à elle qu'il parlait, se confiait, et il réussissait à la faire réfléchir, la rendant moins désinvolte et naïve. Elle était tout pour lui, lui avait redonné goût à la vie.
Mais le bonheur ne dure jamais très longtemps. Un beau matin, elle lui annonca qu'elle déménageait. A 500 bornes de leur ville. Dés la semaine suivante. Toujours optimiste, elle essaya de le rassurer, elle lui dit qu'ils continueraient à se voir souvent, mais rien n'y fit, il restait sombre. Ce jour-là il ne lui sourit pas, et ils se quittèrent sans échanger un mot de plus.
Quelques jours après son départ, on l'appella chez elle. Il s'était pendu. Dans sa chambre, on avait retrouvé un cahier ouvert sur son bureau, sur lequel il avait gribouillé : "Tu es la vie, je suis la mort, quoi qu'on y fit, tout aurait fini ainsi..."